15 juin 2017

Ding ! Le bruit mondialisé du texto de la marque à la pomme me tire du sommeil… Ma gorge est très sèche, mon nez aussi, la lumière du jour est aveuglante. Je cherche avidement la bouteille d’eau que j’essaye d’attraper d’un coup de main sur la table de chevet…Ce geste automatique résonne dans le vide, je regarde autour de moi et reste confuse quelques secondes de ne pas retrouver autour de moi l’appartement parisien dans lequel je vis depuis un an.

Ding ! Ding ! Ding ! Ding ! Je me lève, toujours dans ce brouillard saturé de blanc, pour répondre à ce que je crois être une avalanche de texto. Alors que mon œil se décide enfin à défier la surexposition, la chambre ladakhi apparaît petit à petit et mon cœur grossit touche par touche.

J’ouvre les fins rideaux blancs et la chaîne de montagne surgit. L’ocre, le blanc, le bleu. Mes mains fourmillent, mon cœur s’emballe. L’altitude m’assoit d’un geste autoritaire sur le tapis où dansent des dragons aux yeux écarquillés. Je suis bien de retour au Ladakh.

J’ai quatre mois devant moi pour faire germer le familier et habiter l’inconnu. Explorer la montagne et la langue. Cette fois ci, plus d’hindi, j’me consacre au ladakhi.

Alors que le sens de ma présence me remplit, je cherche Loup des yeux pour partager le sentiment qui me submerge avec douceur – une forme d’amour , d’amor fati – mais il est déjà sorti, sans doute parti profiter des premières heures. J’imagine sa grande silhouette au milieu de l’affairement du petit marché et ca fait sourire mon ventre – Ding ! Ding ! Mon téléphone est devant moi, la sonnerie a l’air de venir de l’extérieur, j’ouvre la fenêtre et aperçois deux gros zos (hybrides de yak et de vache) qui serpentent d’un pas lourd dans les petits chemins de pierre et de terre.

DING ! DING ! Les cloches, enfouies dans leurs lourdes dreadlocks poussiéreuses, résonnent, et devancent à peine le chant sourd d’un homme petit et frêle qui les guide à la voix : une mélodie douce, grave et vibrante, déchirée par des Yaaaa acéré qui taille l’air et ramène d’une main ferme et invisible les deux masses noires dans le rang.

Day 3, trekking between Korzog (Ladakh) and Kibber (Spiti).

Petit matin du jour 3 de notre trek entre Korzog (Ladakh, J&K) et Kibber (Spiti,HP), août 2017.


Pour jeter un coup d’œil sur la suite de notre retour au Ladakh en images, en attendant que les mots flow, ça se passe par là : Yak à voir  . A venir : les topos boostés de nos treks en complète autonomie, testés et approuvés cet été : Markha Valley, Pyang to Hundar (Leh valley to Nubra valley), Sarchu to Padum (Zanskar) et Korzog to Kibber (from Tsomoriri lake in Ladakh to Spiti valley in Himachal Pradesh).

Yang Jal in lay ! Jullay !